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Ce que la presse dit de ... Bash |
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| "Bash", chroniques de la brutalité ordinaire Nicolas Julliard in Le Temps du 16 avril 2005 |
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| In L'Hebdo du 14 avril 2005 |
Dans une mise en scène forte de Geoffrey Dyson, tant soignée, les trois tragédies de lAméricain Neil LaBute cognent juste. Avec un humour des plus cinglant, lauteur met à nu et sans détour lâme humaine dans un amer mélange de tristesse et de cruauté. Dune troublante vérité. ASS
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Le Théàtre Claque décoche trois uppercuts signés LaBute. Jean-Louis Kuffer in 24 heures du 9 avril 2005 |
On sort complètement «sonné» des presque trois heures (sans entracte, mais ça se ressent à peine) que dure la représentation de Bash, regroupant trois pièces percutantes de l'auteur américain Neil LaBute, qu'on nous dit mormon pratiquant et qui, aux marges de la puritaine Eglise «des derniers jours», a conservé une liberté d'expression et un tonus dramatique prodigieux, lequel se traduit par trois microtragédies à la fois irrésistibles d'humour plus ou moins vache et poignantes de vérité humaine au sens le plus large. De fait, si l'hypocrisie schizophrénique paraît d'abord ici la caractéristique d'une secte de «Justes», Neil LaBute fait bien mieux que «dénoncer» ceux-ci, tant les comportements de ses personnages restent répandus en notre époque qui se veut «libérée» mais ne l'est le plus souvent qu'en paroles. Avec une violence à tout moment aérée par l'humour, au fil de dialogues saisissant superbement les ruses et détours de la psychologie de gens sans cesse en train de se rassurer, voici donc un auteur d'exception, dans la filiation de Tennessee Williams, que nous font découvrir Antoinette Monod, Nathahe Sandoz et Geoffrey Dyson, qui l'ont adapté de concert.
Ecureuil social Iphigénie à Orem, premier volet de ce triptyque, est l'histoire d'un infanticide camouflé en accident, qu'un père complètement prisonnier de sa cage d'écureuil social commet sans le vouloir tout en le voulant, dans un de ces gestes fous qui nourrissent tous les jours la rubrique des faits divers. En insoutenable crescendo, cette confession faite à un inconnu choisi au hasard (ici rien qu'un fauteuil vide) est modulée avec une maîtrise saisissante de sensibilité et de puissance expressive par Yannick Merlin. Avec Une harde de saints, le ton se fait plus caustique et plus festif en surface, alors que nous plongeons dans l'horreur grimaçante d'une odieuse «chasse au pédé» racontée par un jeune «missionnaire» de l'Utah en goguette à New York avec ses potes et leurs petites amies. Là encore, Yannick Merlin est ùnpressionnant en mec «qui assure» à proportion visible des pulsions indésirables qu'il flaire en lui. A ses côtés, Virginie Meisterhans campe une fiancée insupportable à souhait, peut-être un poil trop, mais un peu de comique détend l'atrnosphère de cette affreuse (et sempiternelle) histoire de sacrifice du bouc émissaire. Abject bonne conscience Médéa redux, enfin (on aura noté au passage les références à la tragédie antique), culmine au sommet de l'incandescence psychologique et verbale, avec la déchirante histoire d'amour d'une adolescente trahie par le prof qui l'a séduite et engrossée avant de se carapater dans un Etat voisin, dont les justifications finales (relatées par la jeune femme, en costume orange de détenue dès le début) touchent au fond de l'abjecte bonne conscience. De cette atroce et poignante dérive d'une femme?enfant sacrifiant à son tour l'ado que le père indigne, le temps de brèves retrouvailles, couve de son trouble regard de prédateur, Virginie Meisterhans détaille magistralement toutes les inflexions. Bref, c'est un spectacle à voir absolument que Bash, mis en scène par Geoffrey Dyson avec autant de rigueur stylisée, visuellement parlant, que de justesse dans la direction des acteurs, à quelques éclats près. Les voix d'Eric Clapton et de Billie Holiday y ajoutent, en interludes, la touche âpre et douce, où tristesse et beauté se fondent au noir... |
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