Pulloff théâtres

Oh les beaux jours
de Samuel Beckett
par le Théâtre L.
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– Informations pratiques –
du 9 au 14 novembre 2004
ma/me/ve à 20h30, je/sa à 19h00 di à 18h00
places 28 CHF
AVS, chômeurs, étudiants 20 CHF
réservations: 079/761.76.94 ou reservations[at]pulloff.ch

– Qui fait quoi –
avec: Jo Boegli et Jean-Gabriel Chobaz

mise en scène & scénographie : Denise Carla Haas
musique : Jurg Lempen
régie son : Marco Trosi
costumes : Sybille Gänßlen-Zeit
maquillages : Viviane Lima
assistanat à la mise en scène & dramaturgie : Corinne Martin
production exécutive : Stefano Carrera

– À propos –
« Une version légèrement rajeunie et captivante d’un des chefs-d’œuvre de Samuel Beckett: Denise Carla Haas, fidèle à ce texte truffé de pièges et d’énigmes, l’empoigne avec vigueur, offrant de nouvelles pistes de lectures, soulignant à la fois sa profondeur frissonnante et sa pertinence caustique. (…) Winnie a ce qu’il faut d’espièglerie et de mélancolie, de dérision et de désarroi. Elle est craquante. »
Michel Caspary, 24 Heures

Pourquoi « Oh les beaux jours »
A travers Winnie, j'ai envie de faire entendre une voix qui essaie - non sans difficulté et non sans être confronté au risque de perdre le souvenir et la voix - de parler avec ce qui reste de voix et de souvenir de ce qui pourrait être perçu comme beau, si on prenait le temps de parler de l'impossibilité de dire, en essayant sans cesse de le faire tout en étant confronté au risque de perdre le corps, et par la perte du corps, de perdre des mots qui auraient pu le dire. Au premier acte, Winnie est un buste découvert à partir de la taille, au deuxième acte, elle n'est plus qu'une tête. Winnie parle des beaux jours. Les bribes des beaux jours sont collées dans le babil de Winnie, qui occupe la journée interminable qui est encore un beau jour. Que de beaux jours dans le passé, dans le présent et dans le futur, des petits riens qui donnent lieu à des prétextes anodins tels que le cultivent certaines femmes au foyer restées trop longtemps seules ou certaines mères trop soucieuses de leur enfant ou encore lorsque l'enfant a quitté la maison, trop accrochées aux choses matérielles. Ces petits riens renforcent l'extase de Winnie et lui permettent peut-être de ne pas voir exactement et vraiment ce qu'il y a autour d'elle, un Willie presque muet, de plus en plus effacé, elle aimerait pouvoir supporter d'être seule, " Ah oui, si seulement je pouvais supporter être seule, je veux dire d'y aller de mon babil sans âme qui vive qui entende. ", dans un lieu désertique à part le spectacle d'une fourmi qui passe, Winnie dit: " Willie, une fourmi, vivante ! ", sans pour autant effacer complètement ça et là un soupçon d'angoisse qui surgirait.

Le Théâtre L.
Le Théâtre L. a été créé en 1998 par Denise Carla Haas et Corinne Martin. Il s'adonne à la recherche du peu spectaculaire et cherche là où d'autres ne cherchent plus. Ce qui nous intéresse, c'est l'être humain. Ainsi, Le Théâtre L. ne se soumet pas à des attentes ou à des esthétiques en mode. Il cherche les choses cachées de l'être humain, les histoires qu'on ne connaît pas encore et pose les questions qu'on ne pose pas. Parler de ce qui est tu, de ce qu'on évite de dire, parler de ce qu'on ne veut pas voir et de ce dont on se détourne. Parler de l'inconnu, du monstrueux, parler de la nuit de personnages et la mettre au jour, sans pour autant détruire la nuit ou la peur de la nuit. Chercher la gestuelle cachée dans le texte et l'esthétique propre au texte. L'acteur est un corps sur lequel se dessine l'effet des mots comme moments vécus. Le théâtre est alors un évènement
partagé entre acteur et spectateur.
Le Théâtre L. a crée les spectacles suivants : L’Amante Anglaise de Marguerite Duras, 1999 ; Radio Noir d’Albert Ostermaier, Oh les Beaux Jours de Samuel Beckett, 2002 ; Un artiste de la Faim de Franz Kafka, pr2h de Denise Carla Haas et Corinne Martin, 2003 ; Hygiène de l’Assassin d’Amélie Nothomb, Ubu Roi d’Alfred Jarry, 2004.

Denise Carla Haas