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Tout en vrac dans le caddie
de Serge Martin Cie Ifuristir |
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places 28 CHF AVS, chômeurs, étudiants 20 CHF réservations: 021/311.44.22 ou par formulaire Attention : La représentation du dimanche 6 mars a lieu exceptionnellement à 19h30 et non pas 18h Durée du spectacle : ?h??
mise en scène : Serge Martin lumières et régie : Renato Campora son : Jacques Zürcher voix : Mathieu Ziegler, Yasmine Saegesser construction caddie : David Chate |
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C'est sur une scène de ce genre que débute "Tout en vrac dans le caddie...", une pièce contemporaine signée Serge Martin qui dégomme la surconsommation. Devenue depuis quelques années la nouvelle religion des masses laborieuses, elle est censée apporter le bonheur par l'accumulation de biens divers et variés, le plus souvent sans réelle utilité. Le "couple" (Denis Correvon, Esther Rizzo), tout de gris vêtu, s'extasie donc devant tout ce qui sort du caddie géant parqué dans le salon. Il contient même un cadeau-bonus "qu'en ferez-vous chez vous ?" : un "taré" (c'est à dire un étranger, interprété "avé l'accent" par Nino Siroli), ainsi qu'une poupée sexuelle (Zoé Jaeger, au jeu robotique épatant). À mesure que les cartons et sacs en papier bleu envahissent leur espace vital, le couple se rend petit à petit compte de la vacuité de leurs expériences consuméristes (y compris en matière de sexe et de voyage). Tout ce qu'ils ont vécu, c'était en tant que consommateurs, jamais en tant qu'humains. Même le dialogue est une accumulation de mots sans réelle signification, que l'autre n'écoute de toute façon pas. Une logorrhée qui démontre une réelle maîtrise de la diction par les comédiens, mais qui fera dire à une spectatrice : "J'ai déjà entendu ce genre de choses... dans un asile de fous." Louvoyant entre l'absurde, l'intello et le burlesque, "Tout en vrac dans le caddie..." interpelle le spectateur non seulement sur son rapport à la consommation, mais plus largement aussi sur le sens de ses propres expériences de vie. On savait déjà que notre mode de vie occidental menait à la dégradation de la planète et à l'exploitation de 80% de ses habitants les plus pauvres, mais peut-être avait-on encore l'illusion qu'au moins nous étions heureux.... |
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