en résidence au
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Prochains spectacles

 

 

de Dario Fo et Franca Rame

Traducteurs-Adapatateurs

Toni Cecchinato et Nicole Colchat

 

du 2 au 21 juin 2020 Pulloff théâtres — Lausanne

 

 

 

Une production
Théâtre Claque — Lausanne

 

C’est la fin de son règne. Élisabeth 1ère d’Angleterre est malade, elle se cramponne désespérément à son trône et sa santé mentale décline. Elle ne dort plus et elle craint, à juste titre, de ne pas pouvoir se relever si elle se couche. Lascive, névrotique et narcissique, la reine, jadis stoïque, est maintenant complètement démente. Son esprit déborde de délires paranoïaques, elle est persuadée que chacune des pièces de Shakespeare plagie les événements de sa vie. Son boudoir se transforme en un théâtre où les dernières heures de son règne se jouent dans un drame exalté.Luttant contre le fantôme décapité de sa cousine écossaise Mary qui la hante, Sa Rouquine Majesté doit également déjouer les complots et les coups d’État. Pire encore, Robert Essex, son perfide amant, peut débarquer à tout moment et Elisabeth n’est pas en état de le recevoir. Mais tous ces cauchemars devraient se résoudre par la pose de sangsues ou par des piqûres d’abeilles … S’appuyant sur toute l’exubérance, l’humour et la spontanéité de la Commedia dell’arte, Dario Fo (prix Nobel 1997) propose un chef-d’œuvre qui traverse les siècles. Elizabeth, femme presque par hasard est une pièce burlesque et paillarde, une raillerie déchaînée contre l’autorité et une vision étonnante et touchante sur les défis de la féminité.Monarque. Pseudo vierge. Phénomène. Ce n’est pas facile d’être reine.

 

 

 

Dario Fo s’est autoproclamé un « giullàre », une sorte de troubadour du moyen âge réadapté à la modernité et dont la fonction principale est d’être le bouffon du roi, de ridiculiser le pouvoir avec la connivence du public afin de mettre les doigts sur les dysfonctionnements de la société moderne, permettant une critique plus poussé de celle-ci. De manière générale il utilisait ce moyen moyenâgeux dans des contextes contemporains. La conjonction entre cette approche d’un autre âge et la réalité moderne facilitait la mise en exergue de l’absurdité et du ridicule des situations contemporaines d’oppression ou de corruption. Ses pièces les plus connues « Mort accidentelle d’un anarchiste » et « Faut pas payer » sont des parfaits exemples de cette juxtaposition et son efficacité. Dans « Élisabeth, femme presque par hasard » nous retrouvons le « giullàre » dans la forme de la Matronne, l’esthéticienne travestie de la Reine Élisabeth 1ère d’Angleterre qui use et abuse de sa confiance. Nous retrouvons aussi la Commedia delle Arte dans la forme théâtrale que la pièce exige avec son exubérance jouissive. Cependant cette fois, le contexte n’est plus contemporain. Nous avons une situation historique vieille de 400 ans. Fo applique sa technique de bouffon du roi pour ridiculiser une Reine et toute la cour, mais le langage est contemporain écrit pour un public moderne. La distanciation entre réalités historiques, formes théâtrales moyenâgeuses ressuscitées et langage moderne créent une espèce de mise en abîme hilarante et percutante.


 

 

 

Dario Fo sur « Elisabeth »

 

« L’action a lieu en 1601, mais c’est d’actualité. C’est à propos de l’engagement de l’intellectuel, la nécessité de participer dans les événements du monde et de prendre position. Ça mérite d’être souligné que c’est une pièce politique, mais aussi une pièce morale, ça prend position aussi sur la fonction du théâtre. L’état qu’Élisabeth dirige est le premier état moderne. Elle invente le service secret et la politique moderne. Il y a même une sorte d’affaire Moro quand trois lords sont kidnappés et que les rebelles exigent des rançons. Et bien sûr, elle ne plie pas et maintient une ligne dure… le théâtre ne devrait pas être vu d’une manière idéaliste, comme s’il traitait des histoires qui n’ont pas de rapport avec la réalité. L’intellectuel devrait être engagé et tant mieux s’il peut intervenir dans le monde qui l’entoure. L’autorité a souvent des formes très semblables, dont on peut rire. »


 

Intentions de mise en scène

 

L’œuvre de Dario Fo est ancrée dans les racines du théâtre européen et il a consacré sa vie au rétablissement de ces formes théâtrales moyenâgeuses que sont la Commedia delle Arte et ce qu’il appelle « giullàre ». Ses formes de théâtres sont très délicates à mettre en scène, car pour fonctionner elles doivent être excessives et outrancières. Or ces excès et outrances lorsqu’ils sont mal exécutés, nous révoltent et peuvent vite rebuter le public lambda. C’est pourquoi je n’ai pas imaginé un seul instant monter une pièce de Dario Fo sans avoir obtenu l’engagement de comédiens capables de jouer dans des registres jouissifs, excessifs et outranciers tout en gardant leur humanité et la maîtrise de leur art en maintenant ce lien invisible qui doit lier l’acteur et son public. Claude-Inga Barbey (avec qui j’ai déjà monté plusieurs productions), Doris Ittig et Jean-Paul Favre seront le noyau dur de la distribution, je sais qu’ensemble nous pourrons trouver cet équilibre délicat qui permettra au public de partir dans cette aventure exubérante et truculente de la relecture des derniers jours d’Elisabth 1ère avec délectation. L’essentiel de la mise en scène reposera donc sur cette recherche de justesse dans l’exubérance.


 

Geoffrey Dyson

 

 

 

 

Dario Fo

Distribution

 

Elisabeth 1ère
Claude-Inga Barbey
Marthe
Doris Ittig
La Matrone
Jean-Paul Favre
Egerton
en cours de distribution
Le Tueur à Gages
en cours de distribution
Garde 1
en cours de distribution
Garde 2
en cours de distribution


 

 

 

mise en scène
Geoffrey Dyson
scénographie
Kym Staiff
lumière
Jean-Pierre Potvliege
costumes
Karine Dubois
maquillage
Viviane Lima
relations publiques
Pierre Lang
 

 

 



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